Comment se déroule une séance d’EMDR ?
Beaucoup de personnes hésitent à commencer l’EMDR parce qu’elles ne savent pas à quoi s’attendre. Vais-je devoir tout raconter ? Que se passe-t-il pendant les mouvements des yeux ? Et si je ressens quelque chose de trop fort ? Je vais vous expliquer simplement comment se déroule un accompagnement, depuis le premier échange jusqu’aux séances suivantes, et quelle place vous gardez dans chaque étape.
Avant tout : l’EMDR ne consiste pas à rejouer l’événement passé. Des souvenirs, des émotions ou des sensations peuvent néanmoins se réactiver pendant la séance. Nous travaillons sur ce que vous ressentez aujourd’hui en lien avec l’événement — émotions, sensations dans le corps, pensées qui vous pèsent — en restant attentifs à vos réactions et à votre rythme. Comme pour toute situation dans laquelle l’EMDR peut être envisagée, nous vérifions d’abord que la méthode et le moment conviennent à ce que vous traversez.
Première étape : faire connaissance et comprendre ce qui vous amène
La première séance, parfois plus, sert à faire connaissance. Vous m’expliquez ce qui vous amène et ce que vous vivez au quotidien, à votre rythme, sans avoir à entrer dans le détail de ce qui s’est passé. Ensemble, nous voyons si la méthode vous convient et si le moment est adapté.
Vous pouvez me parler de vos difficultés actuelles, de ce que vous aimeriez voir changer, de ce qui vous aide déjà à vous apaiser ou des autres accompagnements que vous suivez. Je prends le temps de répondre aux questions que vous vous posez. Vous n’avez pas besoin d’avoir préparé un récit complet ou de savoir précisément quel souvenir devrait être travaillé.
Cette première consultation n’est pas une séance où l’on commence les mouvements des yeux ou les tapotements. Elle permet aussi de vérifier qu’il n’y a pas de situation nécessitant d’abord un avis médical ou un suivi spécialisé. Je suis praticienne en relation d’aide ; je ne pose pas de diagnostic et je ne remplace pas les soins.

Deuxième étape : se préparer avec des repères rassurants
Le travail sur l’événement intervient après une préparation adaptée à votre situation. Avant, nous prenons le temps de construire des repères : des techniques de relaxation qui vous apaisent, des façons de vous poser si une tension monte, un signe pour m’indiquer une pause. Vous gardez ainsi la main sur la séance. On installe parfois un lieu sûr mental que vous pouvez convoquer pour revenir au calme si l’émotion monte.
Nous pouvons par exemple chercher un endroit intérieur rassurant, une façon de ralentir la respiration ou un geste simple qui vous aide à revenir au calme. Ces repères sont adaptés à ce que vous aimez, à ce qui vous convient et à votre capacité du moment à vous sentir suffisamment en sécurité.
La préparation peut prendre plus d’un rendez-vous. Ce n’est pas du temps perdu et cela ne signifie pas que vous faites « mal » les choses. C’est une étape prévue dans la méthode. Nous avançons quand le cadre est suffisamment clair pour vous.
Troisième étape : le travail en séance, pas à pas
Une séance dure entre 60 et 90 minutes. Voici comment elle se déroule, en langage simple :
- Mesurer où vous en êtes. Vous évaluez, sur une échelle, la tension que vous ressentez maintenant. Cela nous donne un repère pour voir ensuite ce qui change.
- Suivre les mouvements ou les tapotements. Je guide, par courtes séries, des mouvements des yeux de droite à gauche ou des tapotements, un côté puis l’autre. Vous observez simplement ce qui se passe en vous. Entre deux séries, vous me dites ce que vous remarquez, comme vous le souhaitez.
- Poursuivre par étapes. Nous adaptons les séries à vos réactions et pouvons faire une pause si nécessaire, même si la tension ne diminue pas immédiatement.
- Travailler sur une pensée plus adaptée. Lorsque cela est possible et pertinent, nous abordons une pensée plus juste et plus apaisante sur vous-même.
- Vérifier dans le corps. Nous regardons si votre corps est lui aussi plus détendu.
- Terminer avec des repères. Nous prenons le temps de faire le point sur votre état et sur les moyens de retrouver suffisamment de stabilité avant de repartir.
À tout moment, vous pouvez faire une pause ou arrêter. Vous n’avez pas à raconter l’événement en détail. Je vous accompagne pendant les différentes séquences et je vous explique ce que nous faisons, plutôt que de vous laisser deviner ce qui est attendu.
Il peut y avoir des moments où vous ne trouvez pas les mots pour décrire ce que vous ressentez. Ce n’est pas un problème : vous pouvez simplement le dire, ou demander à prendre un instant. Il n’y a pas d’obligation de ressentir une émotion précise ou d’obtenir une réaction particulière à chaque série de mouvements.
Quatrième étape : terminer la séance et revenir au quotidien
Le rendez-vous ne se termine pas brusquement après la dernière série de mouvements. Nous prenons le temps de vérifier comment vous vous sentez, de retrouver vos repères et de parler de la manière dont vous allez reprendre vos activités.
Vous pouvez avoir envie de rester quelques instants au calme, de boire de l’eau ou de noter un élément qui vous semble important. Nous convenons de ce qui est utile pour la suite de l’accompagnement et des situations dans lesquelles il faudrait me contacter avant le prochain rendez-vous. L’objectif est de quitter la séance avec des repères clairs, sans vous sentir obligé de conclure que « tout est réglé » dès ce jour-là.
Et après la séance, que peut-on ressentir ?
Dans les jours qui suivent, certaines personnes ressentent de la fatigue, font des rêves plus marquants ou éprouvent des émotions plus fortes ou inhabituelles. Ces réactions peuvent survenir, mais elles ne prouvent pas à elles seules que la méthode fonctionne.
Vous pouvez noter ce que vous remarquez, sans vous surveiller, pour m’en parler à la séance suivante. Si ce que vous ressentez vous inquiète ou vous semble trop intense, contactez le cabinet avant la séance suivante. Et si un symptôme physique nouveau ou préoccupant apparaît, il est important de demander un avis médical sans attendre.
Il n’est pas nécessaire d’analyser chaque rêve ou chaque sensation entre les rendez-vous. Ce qui compte, c’est de pouvoir observer comment vous allez, de garder vos repères et de signaler ce qui change réellement dans votre quotidien.

Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend de ce que vous traversez. Un événement précis et récent demande souvent moins de séances qu’une période difficile qui s’est répétée. Nous faisons le point régulièrement, ensemble, pour ajuster l’accompagnement. Il n’existe pas de nombre de séances valable pour tout le monde.
Selon votre situation, je peux aussi vous proposer d’autres approches, comme la sophrologie, pour soutenir votre détente et votre récupération. Ces propositions ne remplacent pas les soins qui pourraient être nécessaires ; elles s’inscrivent dans le cadre de la relation d’aide que je pratique.
Vous restez libre de parler de votre ressenti sur les séances, de poser des questions sur la suite ou de décider de vous arrêter. Le rythme doit pouvoir être discuté plutôt qu’imposé.
Une méthode précise et une praticienne formée
L’EMDR suit une méthode à étapes précises, dans un ordre défini. Ce cadre vise à accompagner le travail de manière structurée, en tenant compte des précautions nécessaires. Je me suis formée à l’EMDR et aux psychotraumatismes, et je pratique cette méthode dans ce cadre. Elle est reconnue et recommandée pour les suites de traumatisme, notamment par l’Organisation mondiale de la santé.
Je vous explique chaque étape avec des mots simples et je prends le temps d’échanger sur vos attentes. La méthode n’est pas une suite de gestes que l’on applique de la même façon à chaque personne : la préparation, le rythme et les pauses comptent aussi. Il est important que vous compreniez ce que je vous propose et que vous puissiez me dire si quelque chose ne vous convient pas.
Quand demander un avis médical ?
L’EMDR est un accompagnement. Il ne remplace ni un avis médical ni un suivi de santé. Consultez rapidement un médecin ou appelez les urgences en cas de douleur thoracique, de malaise important ou de symptôme physique nouveau qui vous inquiète.
Un avis spécialisé est aussi conseillé si vous consommez davantage d’alcool ou de médicaments pour « tenir » ou dormir, ou si votre quotidien (travail, famille, déplacements) devient très difficile. Si des idées noires ou des pensées de mettre fin à vos jours apparaissent, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24 h/24, ou le 15 en cas d’urgence.
FAQ : vos questions avant la première séance
Que se passe-t-il pendant la première séance ? Nous faisons connaissance et nous parlons de ce qui vous amène. Il n’y a pas de travail sur l’événement à ce stade : la première séance sert à vous rassurer et à préparer la suite. Je prends aussi le temps d’évaluer l’adéquation de l’EMDR à votre situation pour envisager un accompagnement adapté.
Vais-je devoir revivre ce que j’ai vécu ? Il ne s’agit pas de rejouer l’événement. Des souvenirs ou des émotions parfois intenses peuvent toutefois se réactiver. Vous pouvez signaler ce que vous ressentez et demander une pause à tout moment.
Puis-je arrêter en cours de séance ? Oui. Vous pouvez demander une pause ou arrêter à tout moment.
Que se passe-t-il si des émotions montent pendant la séance ? C’est possible, et cela fait partie du travail. Je vous accompagne et nous adaptons le déroulement si ce que vous ressentez devient trop intense.
Comment savoir si l’EMDR me convient ? Le plus simple est d’en parler lors d’un premier échange. Nous regardons ensemble ce que vous vivez et si la méthode est adaptée.
Une progression à votre rythme
Un accompagnement EMDR se déroule par étapes : faire connaissance, se préparer, puis travailler à partir de ce que vous ressentez aujourd’hui, avec des mouvements des yeux ou des tapotements, à votre rythme et avec des pauses. Il ne s’agit pas de rejouer l’événement ; vous pouvez exprimer vos limites et demander une pause à tout moment.
Ce déroulement vous donne des repères avant de commencer, sans obliger à décider dès maintenant de la suite. Chaque rencontre permet de regarder où vous en êtes et d’ajuster le travail à vos besoins du moment.