✍️ Eloïse Duclos / 28 octobre 2026 à 15:21
⏱️ Temps de lecture : 9 minutes
✍️ Eloïse Duclos / 28 octobre 2026 à 15:21
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Eloïse Duclos
✍️ Eloïse Duclos — Sophrologue praticienne /
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J’accompagne chaque année plusieurs dizaines de personnes confrontées à la surcharge mentale, aux troubles du sommeil ou à des problématiques émotionnelles. Chaque contenu publié ici s’appuie sur une expérience réelle, pratique et vérifiée, afin d’offrir des informations utiles, nuancées et adaptées à la vie quotidienne

J’accompagne de nombreuses personnes au quotidien et je partage ici des informations issues de situations réelles

Qu’est-ce que l’EMDR ? Une méthode expliquée simplement

L’EMDR vise à atténuer la charge émotionnelle associée à certains souvenirs difficiles, notamment à l’aide de mouvements des yeux ou de tapotements alternés. Un accident, un choc, un deuil ou une période très dure peuvent laisser des émotions qui reviennent bien après l’événement. Vous savez que c’est terminé, mais certaines images, sensations ou pensées continuent à vous peser. Le principe de l’EMDR est de travailler sur ce que vous ressentez aujourd’hui en lien avec ce qui s’est passé, pour que ce souvenir prenne une autre place dans votre histoire.

Vous n’avez pas besoin de maîtriser un vocabulaire compliqué pour comprendre cette méthode. Les situations dans lesquelles l’EMDR peut aider sont différentes d’une personne à l’autre : l’important est de regarder la difficulté actuelle et de déterminer si l’approche convient, notamment lors d’un premier échange. Ici, je vous explique simplement ce qui se passe, ce que l’on cherche à alléger et pourquoi nous prenons le temps de nous préparer.

L’EMDR en deux minutes

Certains souvenirs émotionnels restent « bloqués » : un accident, une agression, un choc, un deuil ou une période particulièrement difficile. Longtemps après, ils reviennent sans prévenir, dans les pensées, les rêves ou le corps, comme si la scène se rejouait. Ils peuvent s’accompagner d’angoisse, de tension, de nuits agitées ou d’un besoin de tout éviter.

Les lettres EMDR viennent de l’anglais Eye Movement Desensitization and Reprocessing. Derrière ce nom, il y a une idée simple : pendant que vous portez votre attention sur des émotions ou des sensations présentes liées à un souvenir pénible, je vous guide dans des mouvements des yeux de droite à gauche, ou des tapotements légers, un côté puis l’autre, par exemple sur les paumes des mains.

En EMDR, il ne s’agit pas de reproduire l’événement vécu. Certains souvenirs, émotions ou sensations peuvent néanmoins se réactiver pendant la séance. Le travail vise à réduire progressivement leur impact émotionnel, sans effacer ce qui appartient à votre histoire.

Pourquoi parler d’un souvenir que le cerveau doit « ranger » ?

Chaque jour, nous vivons émotionnellement beaucoup de choses. Le cerveau fait naturellement le tri : il garde ce qui est utile, range le reste et laisse s’estomper ce qui n’a plus d’importance. C’est un peu comme la digestion : on n’y pense pas, elle se fait toute seule. Certaines expériences très marquantes peuvent cependant continuer à déclencher une réaction vive, même lorsque le danger est passé.

Quand je parle d’un souvenir à « ranger », j’utilise une image pour rendre ce travail compréhensible. Il ne s’agit pas de vous faire perdre la mémoire ni de classer un événement comme s’il n’avait jamais eu lieu. L’EMDR vise à alléger ce qui continue à être ressenti aujourd’hui : une angoisse, une tension, une sensation de menace ou une pensée qui vous pèse.

Le mécanisme précis qui explique les effets de l’EMDR continue à être étudié. Cela n’empêche pas de présenter clairement la méthode ni de distinguer son cadre d’utilisation des promesses trop générales. En particulier, un souvenir douloureux ne suffit pas, à lui seul, à décider qu’un accompagnement EMDR est nécessaire ou adapté.

Que se passe-t-il avec les mouvements des yeux ou les tapotements ?

Je vous invite à porter attention à ce qui est présent pour vous : une émotion, une pensée, une sensation dans le corps ou certains éléments associés à un souvenir. Pendant ce temps, je guide des mouvements des yeux ou des tapotements alternés. Les séries sont courtes et entre elles, vous pouvez simplement me dire ce que vous avez remarqué, si vous le souhaitez.

Il n’y a pas de réponse à réussir ni de ressenti obligatoire. Certaines personnes remarquent une émotion, une image ou un changement de sensation ; d’autres ont besoin de plus de temps pour trouver leurs repères. L’essentiel est que vous puissiez exprimer ce qui vous convient, demander une pause et comprendre chaque étape.

Ces mouvements ne constituent pas toute la méthode. L’EMDR suit une démarche précise : faire connaissance, évaluer si elle convient, préparer le travail, choisir ce qui sera abordé, puis avancer et faire le point sur ce qui change. C’est pourquoi je ne commence pas directement par les mouvements des yeux dès notre première rencontre.

Comment se passe un accompagnement, séance après séance ?

La première séance, parfois plus : se préparer. Nous faisons connaissance. Vous m’expliquez ce qui vous amène et ce que vous vivez au quotidien, à votre rythme. Nous cherchons ensemble des repères rassurants : un endroit intérieur dans lequel vous vous sentez bien, des techniques de relaxation pour revenir au calme, un signe pour me demander une pause. Nous regardons aussi si la méthode vous convient et si le moment est adapté.

Les séances suivantes : travailler sur ce qui pèse aujourd’hui. Une séance dure entre 60 et 90 minutes selon le cadre de l’accompagnement. Ce sur quoi nous travaillons, ce sont les conséquences actuelles de l’événement : émotions, sensations dans le corps, pensées qui vous pèsent. Pendant que je guide les mouvements des yeux ou les tapotements, vous restez ici, dans le moment présent. Vous observez simplement ce qui se passe en vous.

Vous n’avez pas à raconter l’événement en détail et vous pouvez faire une pause à tout moment. Le nombre de séances dépend de ce que vous traversez : un événement précis et récent demande souvent moins de temps qu’une période difficile qui s’est répétée. Nous faisons le point régulièrement, ensemble, sans annoncer à l’avance un résultat ni un nombre fixe de rendez-vous.

Ce que l’on peut ressentir pendant et après

Au cours d’une séance, vous pouvez remarquer des émotions, des pensées, des sensations physiques ou une impression de relâchement. Cela varie selon les personnes et même d’une séance à l’autre. Nous restons attentifs à ce qui est supportable pour vous. Si quelque chose devient trop intense, vous pouvez me le signaler immédiatement.

Entre les séances, certaines personnes ressentent de la fatigue, font des rêves plus marquants ou éprouvent des émotions plus fortes ou inhabituelles. Ces réactions ne constituent pas, à elles seules, une preuve d’efficacité de la méthode. Si ce que vous ressentez vous inquiète ou vous semble trop intense, dites-le-moi à la séance suivante ou contactez le cabinet avant si besoin. Ces réactions ne dispensent pas de demander un avis médical lorsque des symptômes l’exigent.

Pourquoi l’EMDR suit-elle une méthode précise ?

L’EMDR n’est pas une improvisation : elle suit une méthode précise, avec des étapes dans un ordre défini. On prend le temps de se préparer avant de travailler sur un souvenir. On vérifie régulièrement comment vous vous sentez. Il ne s’agit pas d’aller le plus vite possible, mais d’avoir des repères pendant l’accompagnement.

Je pratique l’EMDR après m’être formée à cette méthode et aux psychotraumatismes. L’EMDR est reconnue et recommandée pour les suites de traumatisme, notamment par l’Organisation mondiale de la santé. Cette reconnaissance ne signifie pas qu’elle convient à toutes les situations ou qu’un accompagnement en relation d’aide remplace des soins spécialisés.

Les questions que vous vous posez peut-être

L’EMDR, est-ce de l’hypnose ? Non. Ce sont deux méthodes différentes. Toutes deux peuvent être présentées dans le cadre de mes accompagnements, mais elles n’utilisent pas les mêmes techniques.

Vais-je devoir tout raconter ? Non. Ce qui compte, c’est ce que vous ressentez aujourd’hui, notamment les émotions et les sensations, pas un récit détaillé et imposé de l’événement.

Vais-je devoir revivre ce que j’ai vécu ? Il ne s’agit pas de rejouer l’événement. Toutefois, des souvenirs, des émotions ou des sensations difficiles peuvent réapparaître pendant le travail. Vous pouvez en parler et demander une pause à tout moment.

Est-ce que le souvenir va disparaître ? L’objectif n’est pas d’effacer le souvenir, mais d’en diminuer, lorsque cela est possible, l’impact émotionnel. L’évolution varie selon les personnes.

Est-ce douloureux ? Des émotions ou des sensations peuvent se manifester, comme elles le font déjà dans votre quotidien. La séance est cadrée pour que vous restiez à un niveau supportable, avec des pauses possibles.

Quand demander un avis médical ?

L’EMDR est un accompagnement. Il ne remplace ni un avis médical ni un suivi de santé. Consultez rapidement un médecin ou appelez les urgences en cas de douleur thoracique, de malaise important ou de symptôme physique nouveau qui vous inquiète.

Si des idées noires ou des pensées de mettre fin à vos jours apparaissent, ne restez pas seul(e) : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 h/24, ou le 15 en cas d’urgence.

Ce qu’il faut retenir

L’EMDR vise à atténuer l’impact émotionnel de certains souvenirs difficiles, notamment à l’aide de mouvements des yeux ou de tapotements alternés. L’événement appartient à votre histoire : l’objectif est d’alléger ce que vous ressentez aujourd’hui à cause de lui. La préparation, les étapes précises de la méthode et la possibilité de demander une pause sont aussi importantes que les mouvements eux-mêmes.

Sources utilisées:

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